«Le sacerdoce fera sentir aux femmes le mérite de la soumission, en développant cette admirable maxime d'Aristote: la principale force de la femme consiste à surmonter la difficulté d'obéir; leur éducation les aura préparées à comprendre que toute domination, loin de les élever réellement, les dégrade nécessairement, en altérant leur principale valeur, pour attendre de la force l'ascendant qui n'est dû qu'à l'amour (Cat. Pos., p. 287).»

Voici quelques pages du système de Politique Positive, t. IV: elles sont trop curieuses pour ne pas intéresser le lecteur.

«Afin de mieux caractériser l'indépendance féminine, je crois devoir introduire une hypothèse hardie, que le progrès humain réalisera peut-être, quoique je ne doive examiner ni quand ni comment.

«Si l'appareil masculin ne contribue à notre génération que d'après une simple excitation, dérivée de sa destination organique, on conçoit la possibilité de remplacer ce stimulant par un ou plusieurs autres dont la femme disposerait librement. L'absence d'une telle faculté chez les espèces voisines ne saurait suffire pour l'interdire à la race la plus éminente et la plus modifiable.....

«Si l'indépendance féminine peut jamais atteindre cette limite, d'après l'ensemble du progrès moral, intellectuel et même matériel, la fonction sociale du sexe affectif se trouvera notablement perfectionnée. Alors cesserait toute fluctuation entre la brutale appréciation qui prévaut encore, et la noble doctrine systématisée par le positivisme. La production la plus essentielle (celle de notre espèce) deviendrait indépendante des caprices d'un instinct perturbateur, dont la répression normale constitue jusqu'ici le principal écueil de la discipline humaine. Une telle attribution se trouverait naturellement transférée, avec une responsabilité complète, à ses meilleurs organes, seuls capables de s'y préserver d'un vicieux entraînement, afin d'y réaliser toutes les améliorations qu'il comporte» (p. 68 et 69).»

Ce qui veut dire en bon français, lectrices, que viendra peut-être le temps où vous ferez des enfants sans le concours de ces messieurs; que cette fonction sera confiée à celles d'entre vous qui en seront le plus digne, et qu'elles seront rendues responsables de l'imperfection du produit.

«Dès lors, reprend l'auteur, l'utopie de la Vierge-Mère deviendra pour les plus pures et les plus éminentes, une limite idéale, directement propre à résumer le perfectionnement humain, ainsi poussé jusqu'à systématiser la procréation en l'anoblissant..... Le succès devant surtout dépendre du développement général des relations entre l'âme et le corps, sa recherche permanente (celle du problème de la virginité féconde) instituera dignement l'étude systématique de l'harmonie vitale, en lui procurant à la fois le but le plus noble et les meilleurs organes (p. 241).»

Traduisons: l'étude des relations du cerveau avec le corps nous conduira à découvrir le moyen de procréer des enfants sans le concours de l'homme; c'est le but le plus noble de cette étude; comme la faculté d'être vierge-mère, doit être l'idéal que se proposeront d'atteindre les femmes les plus pures et les plus éminentes.

«Voilà, poursuit M. Comte, comment je suis conduit à représenter l'utopie de la Vierge-Mère comme le résumé synthétique de la religion positive, dont elle combine tous les aspects (p. 76).»

Traduction: Procréer des enfants sans le concours de l'homme, résume la religion positive et en combine tous les aspects.