On demande qui formerait le corps enseignant de l'Institut. Nous répondons: autant que possible, des membres du Comité encyclopédique: car ce qui est important, c'est l'unité de Doctrine.

On dit encore: mais y aura-t-il assez de femmes capables pour remplir cette double tâche? Nous répondons de nouveau: oui; car en toute branche des connaissances, sont, parmi nous, des spécialistes distinguées: que toutes ces femmes veuillent, et les choses s'organiseront promptement.

V
JOURNAL.

Depuis quelque temps, dans les rangs des femmes avancées se fait sentir le besoin d'une feuille périodique, non seulement pour soutenir la cause de leur Droit et travailler à la réforme des mœurs et de l'éducation, mais pour créer une critique et une littérature nouvelles, et trouver le placement d'articles sérieux que les journaux masculins, même dirigés par des hommes de Progrès, repoussent de leurs colonnes, dans lesquelles ils admettent les travaux souvent médiocres de gens qui ne sont pas dans le courant de la Réforme.

Nous n'apprécierons pas cette conduite de quelques-uns de ceux qui se disent nos frères: mais puisque beaucoup d'entr'eux nous refusent l'hospitalité, au lieu de nous en lamenter et de nous en étonner, bâtissons-nous une maison qui soit à nous.

Pour rendre des services et réussir, le journal ne devrait arborer le drapeau d'aucune secte sociale, et devrait éliminer les questions politiques et religieuses proprement dites: car il ne saurait descendre dans l'arène des passions de sectes et de partis sans nuire à la cause qu'il défendrait.

La rédaction devrait être pénétrée de cette vérité: que la bonne foi, l'honneur, le dévouement se rencontrent sous toutes les bannières; que l'habitude, l'éducation, les relations de famille nous classent bien plus que notre volonté. C'est en se tenant à ce point de vue élevé, qu'il lui serait possible de rester juste, équitable, et même indulgente envers les personnes, tout en combattant les doctrines erronées.

Le journal devrait être le drapeau d'une nouvelle École fondée, non plus sur le Mysticisme ou la Métaphysique, mais sur la Raison qui déduit nos Droits et nos Devoirs de nos facultés, de nos besoins, de nos rapports.

L'œuvre de ce journal serait de modifier l'opinion par la critique rationnelle des lois, des institutions, des mœurs qui oppriment la femme;

De poursuivre, par voie de pétition, les réformes mûres dans les esprits;