De signaler les faits de misère et de corruption fruits de l'ignorance, de l'oisiveté et de la situation précaire des femmes;
D'intéresser les particuliers et le gouvernement à des mesures spéciales propres à diminuer l'ignorance et la misère;
D'élaborer les méthodes d'éducation au point de vue moderne;
De critiquer les œuvres d'art et de littérature, non pas seulement au point de vue de la forme, car l'art pour l'art est une niaiserie; mais au point de vue du fond et de la portée morale;
De rendre compte des ouvrages sérieux;
De mettre la science à la portée de tous;
De travailler à l'élaboration de la morale solidaire;
Enfin, de soutenir la polémique que soulèveraient ses doctrines, en mesurant ses coups sur ceux des adversaires; car il le faut dans notre spirituel pays de France, où l'on a toujours raison quand on est battant, toujours tort quand on est battu.
Que celles qui me lisent y réfléchissent: si elles veulent sincèrement le triomphe de leur cause, la réforme pacifique de la Société, il faut qu'elles deviennent une puissance; et elles ne le seront que par un organe périodique de publicité. Un livre, quelque bon et fort qu'il puisse être, ne produit qu'une impression fugitive sur le public: mais une feuille qui vient à époques rapprochées et à jour fixe frapper les mêmes cordes du cerveau, leur fait contracter l'habitude de vibrer d'une certaine manière: ce qui, une première fois, semble étrange, quelquefois inadmissible, finit par paraître très admissible et très normal quand on s'y est accoutumé. Une cause est gagnée quand l'opinion est pour elle: or cette opinion, en ce qui concerne notre droit, c'est à nous de la former et, je le répète, c'est beaucoup moins par des livres que par un journal que nous y parviendrons.