Donc il y a lieu d'opérer de nombreuses réformes afin que, partout, elle prenne à côté de l'homme sa place légitime.
Toute réforme dans les lois doit être préparée par une réforme dans l'éducation et dans les mœurs;
Or les mœurs se dépravent, le mariage se corrompt, l'éducation des filles n'a ni base ni portée;
Donc il faut travailler à l'éducation de l'amour et de la femme, et réformer le mariage, tout en posant et soutenant la revendication des droits de la femme.
Et, développant ma pensée, j'ai dit:
L'égalité de Droit entre les hommes, décrétée par le législateur, et admise par la conscience moderne, n'est évidemment pas basée sur l'égalité ou l'équivalence des hommes entre eux, puisque l'expérience nous les montre tous inégaux en facultés intellectuelles, en sentiment, en activité, en force, etc.
Sur quoi donc est appuyée cette égalité devant le Droit? Ce ne peut être que sur les caractères qui leur sont communs; sur les caractères spécifiques qui les rangent dans une même espèce.
Or la femme est-elle d'espèce identique à l'homme? possède-t-elle les caractères spécifiques de l'humanité? Très évidemment, oui.
Donc l'égalité de Droit, étant fondée sur l'identité des caractères spécifiques, non sur des variétés individuelles, il s'ensuit logiquement que la femme à laquelle, sans folie, on ne peut contester ces caractères, est, en principe et très légitimement, l'égale de l'homme devant le droit social.
Puisqu'il en est ainsi, la femme est donc, de droit, libre et autonome; maîtresse, en conséquence, de manifester comme l'homme son activité dans toutes les carrières privées.