[245] Elle avait passé vingt jours auprès du roi Charles II, son frère, du 26 mai au 15 juin 1670. Le but de cette entrevue était de détacher le roi d'Angleterre de la Sainte-Alliance, pour l'allier à la France. Ce but fut atteint et un traité secret fut conclu entre Louis XIV et Charles II.

Dans la suite de Madame était cette belle bretonne, Louise-Rénée de Penancoët de Kéroualle «dont l'étoile, dit madame de Sévigné, avoit été devinée avant qu'elle partît.» Charles II en fit ce qu'on avait souhaité; elle devint duchesse de Portsmouth et, moyennant finance, elle servit auprès du roi d'Angleterre les intérêts du roi de France, son maître.

[246] Madame de La Fayette admire à trois reprises la douceur de Madame. A trois reprises aussi Bossuet la vante dans son Oraison funèbre. «Votre mémoire vous la peindra mieux, avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourront jamais faire toutes nos paroles.»—«Toujours douce, toujours paisible autant que généreuse et bienfaisante.»—«Oui, Madame fut douce envers la mort comme elle l'étoit envers tout le monde.» L'évêque de Valence, qu'elle estimait avec raison, parle de cette douceur qui ne s'est point démentie: «Puis, ayant demandé un peu de repos, avec ce même sourire et cette même douceur dont elle accompagnoit ordinairement ses paroles...» (Cosnac, Relation de la mort de Madame). «Elle mêloit dans toute sa conversation une douceur qu'on ne trouvoit point dans toutes les autres personnes royales.» (Cosnac, Mémoires, t. I, p. 420). Ajoutons que Molière, qui lui dédia l'Ecole des femmes, en 1663, alors qu'elle avait à peine dix-neuf ans, loue «cette douceur, pleine de charmes» dont elle tempérait la fierté de ses titres (L'Ecole des femmes, épître).

[247] C'est après cette phrase que, dans l'édition originale, se trouve ce titre: Relation de la mort de Madame. Il est pourtant évident que la relation commence plus haut par ces mots: «Madame étoit revenue...» Nous avons placé ce titre de manière à ce qu'il commandât le récit au lieu de le couper. De la sorte le lecteur distinguera, à première vue, d'une part ce qui a été écrit sous l'inspiration de la princesse et le petit supplément emprunté à madame de Montpensier, de l'autre part, la relation que Madame de La Fayette ajouta à son histoire interrompue.

[248] 27 juin.

[249] Marie-Louise, née le 27 mars 1662.

[250] Serait-ce le peintre Pierre van der Faes, si célèbre en Angleterre sous le nom de Lely et peintre ordinaire du roi Charles II?

[251] Marie du Cambont, veuve de Bernard de Nogaret, duc d'Épernon.

[252] «L'on sut que... Madame estant à Saint-Cloud avec Monsieur [le dimanche 29], avoit diné en public, s'étoit amusée avec madame de La Fayette à la décoiffer, pour voir les blessures qu'elle avoit eues à la tête d'une chute de chassis sur la tête; qu'elle lui avoit demandé si elle avoit eu peur de la mort; que, pour elle, elle ne croyoit pas qu'elle en eût eu peur.» (Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, t. 2, p. 593).

[253] Marie-Antoinette de Loménie de Brienne épousa en 1642 Nicolas-Joachim Rouault, marquis de Gamaches; elle mourut en 1704 à l'âge de quatre-vingts ans.