[Note 7: ][(retour) ] Voici de quelle façon, familière et désobligeante à la fois, l'empereur annonçait au maréchal Berthier les nouvelles faveurs dont il le comblait: «La Malmaison, 1er avril 1806. Je vous envoie le Moniteur; vous verrez ce que j'ai fait pour vous. Je n'y mets qu'une condition, c'est que vous vous mariiez, et c'est une condition que je mets à mon amitié. Votre passion a duré trop longtemps; elle est devenue ridicule; et j'ai droit d'espérer que celui que j'ai nommé mon compagnon d'armes, que la postérité mettra partout à côté de moi, ne restera pas plus longtemps abandonné à une faiblesse sans exemple. Je veux donc que vous vous mariiez; sans cela, je ne vous verrai plus. Vous avez cinquante ans, mais vous êtes d'une race où l'on vit quatre-vingts, et ces trente années sont celles où les douceurs du mariage vous sont le plus nécessaires.» (P. R.)

»Le septième érige dans les États de Parme et de Plaisance trois grands titres dont l'éclat sera soutenu par des affectations considérables, qui ont été faites dans ces contrées, d'après l'ordre de Sa Majesté.

»Par l'effet de réserves semblables, contenues dans les décrets relatifs aux États de Venise, au royaume de Naples et à la principauté de Lucques, Sa Majesté a créé des récompenses dignes d'elle pour plusieurs de ses sujets qui ont rendu de grands services à la guerre, ou qui, dans des fonctions éminentes, ont concouru d'une manière distinguée au bien de l'État. Ces titres deviennent la propriété de ceux qui les auront reçus, et seront transmis de mâle en mâle à l'aîné de leurs descendants légitimes. Cette grande conception, qui donne à l'Europe la preuve du prix que Sa Majesté attache aux exploits des braves et à la fidélité de ceux qu'elle a employés dans les grandes affaires, offre aussi des avantages politiques. L'éclat habituel qui environne les hommes éminents en dignité leur donne sur le peuple une autorité de conseil et d'exemple, que le monarque quelquefois substitue avantageusement à l'autorité des fonctions publiques. Ces mêmes hommes sont, en même temps, les intercesseurs du peuple auprès du trône.»

Il faut convenir qu'on avait fait bien du chemin, depuis l'époque, encore toute récente, où l'on datait les actes du gouvernement de l'an XIV de la république.

«C'est donc sur ces bases que l'empereur veut asseoir le grand système politique dont la divine Providence lui a inspiré la pensée, et par là, elle ajoute sans cesse à ces sentiments, d'amour et d'admiration qui vous sont communs avec tous les Français.»

Après ce discours, on donna lecture des différents décrets; en voici les articles les plus importants:

Par celui qui réglait l'état civil de la maison impériale, les princes et princesses ne pouvaient se marier sans le consentement de l'empereur. Les enfants nés d'un mariage fait malgré lui, n'auraient aucun droit aux avantages attachés par les usages de certains pays aux mariages dits de la main gauche.

Le divorce était interdit à la famille impériale; la séparation de corps, autorisée par l'empereur, était permise.

Les tuteurs des enfants étaient nommés par lui.

Les membres de la famille ne pouvaient adopter sans sa permission.