—C'est pour cela qu'il y a toujours des chiffons par terre ou pendus aux branches, à la Terrucole! Comme il doit y avoir de l'argent là-dedans, depuis le temps qu'on en apporte!
—Oh bah! les hades et les broutches ramassent tout, va!
—Et qu'en font-elles?
—Je n'en sais rien; mais on pense qu'elles ont un trésor caché quelque part sur la hauteur: tiens, dans le champ de Lacoste, là où la terre sonne quand on y tape dessus avec les sabots! Mais personne n'a osé y aller voir, et ce n'est pas moi qui commencerai, té!
—Ni moi? Et puis, Maï, raconte ce que l'ont les hades et les broutches, la nuit de Noël.
—Ah! voilà; cette nuit-là elles sont bien badinées; elles ont peur, tu comprends, elles sont comme folles. Dès que descend le noir, elles font leur sabbat plus fort que jamais; vienne minuit, elles se taisent; les hades, fft!... disparaissent, les broutches se serrent dans leurs trous. A partir de ce moment, tout le monde peut passer sans danger par la Terrucole pour se rendre à la messe ou pour en revenir; et on ne s'en fait pas faute, cela raccourcit beaucoup. Jamais, il n'est rien arrivé à personne. C'est que, l'enfant Jésus, tout faible et tout petit qu'il est, vois-tu, micot, est le vrai roi du monde. Il est plus fort, à lui tout seul, que toutes les hades, que toutes les broutches, que tous les diables de l'enfer.
—Oui. Eh bien! alors, maintenant, raconte-moi son histoire.
—Mais je ne t'en ai promis qu'une, histoire; faut aller au dodo.
—Oui, oui, tout de suite. Joseph et Marie où ils allaient, Maï? J'ai oublié.
—A Bethléem, donc?