—Gardez vos sous, qu'il leur crie; on ne reçoit pas ici de mauvais paysans comme vous!
Enfin, ils aperçoivent une auberge bien pauvre et de bien mauvaise mine. Ils, frappent timidement à la porte.
—Que voulez-vous? leur demande le patron, qui avait l'air d'un bandit.
—Nous voulons nous loger pour la nuit, histoire de nous reposer, après avoir mangé un morceau.
—Mon auberge est pleine, qu'il dit, je n'ai pas de place pour vous.
—Même en payant?
—Quand vous me donneriez de l'or plein mon béret, ça ne changerait rien; je n'ai plus de place, que je vous dis!
Alors Joseph regarda Marie qui tombait de fatigue et avait bien envie de pleurer.
—N'avez-vous pas un grenier avec un peu de foin, une écurie, une étable, n'importe quoi, que ma femme puisse s'asseoir et se reposer?
L'aubergiste qui, en fin de compte, n'était pas un méchant homme, regarda Marie à son tour. Il la vit si pâle, si jeune, la pauvre—à peine quinze ou seize ans—et si modeste, si charmante, qu'il eut le coeur crevé de compassion.