—N'est-il raisonnable, aussi, de faire marcher les enfants comme cela, et dans cet état, encore! qu'il leur dit. Eh bien! allons, entrez! nous nous arrangerons tout de même en poussant l'âne et en attachant le boeuf un peu plus loin vous pourrez vous loger.
Il les fit passer dans l'étable, leur porta une grosse botte de paille, et il dit doucement à la jeune femme: «Ma jolie enfant, asseyez-vous.» Et ce fut là que naquit le Sauveur du monde.
—Et que faisaient le boeuf et l'âne, Maï?
—L'âne regardait avec des yeux doux, et le boeuf ruminait tranquillement. Marie ôta sa mante, et en entoura le nouveau-né, son cher mignon si beau, aussi blanc que le lait, qui ne criait pas, comme s'il comprenait déjà tout. Joseph mit de la paille au fond d'une crèche avec un caillou rond pour coussin, et y déposa le divin enfant.
—Et les bergers, Maï?
—Eh bien! les bergers dormaient chacun auprès de ses moutons dans les étables bien chaudes. Tout à coup, un ange entra auprès de l'un d'eux, et, le tirant fort par le bras, le réveilla en disant qu'il venait lui apprendre une grande nouvelle. Le pasteur, qui s'était levé avant le jour, était très fatigué et dormait de tout son coeur.
—Laisse-moi tranquille, qu'il dit en se retournant et en bâillant. Il n'est pas jour encore, je veux dormir. Et le voilà reparti à ronfler.
L'ange le secoue de nouveau.
—Mâtin! crie le pasteur; attends un peu que je te fasse courir avec mon bâton!
Mais, les anges, c'est patient. Celui-ci lui parle d'un grand bonheur qui vient d'arriver au pauvre monde par un enfant qui est né dans une étable.