—Cette nuit? Jamais. Elles dorment comme les serpents quand il gèle, et, lors même qu'elles se réveilleraient, elles n'ont, cette nuit, de pouvoir sur personne.

—As-tu dit à ta mère ce que tu allais faire?

—Innocent! pour qu'elle m'en empêche? Elle est bien trop peureuse; toutes les femmes sont peureuses; elle craindrait qu'il m'arrive du mal. Mais moi, je suis un homme, je n'ai peur de rien. Maman ne le saura pas, à moins que tu ne me vendes.

—Moi? Je ne suis pas un traître; je ne te vendrai pas, je te le promets.

—C'est bon, j'y compte; allons, viens!

—Mais, tu as beau dire, je crois que ce n'est pas bien.

—Je vois ce que c'est, tu as peur. Va-t-en bien vite rejoindre «Maman», elle te cachera sous sa mante. J'irai seul.

—Peyroulin, attends, écoute! Tu est donc bien sûr que ce n'est pas mal, ce que tu veux faire là?

—Mal? Puisque l'argent n'est à personne, pec[14]! Et puis, qui le saura? Je ne l'ai dit qu'à toi. Par exemple, si j'avais su que tu étais un pareil capon... Arnaud et Michel n'auraient pas demandé mieux que de m'accompagner. Seulement je t'ai préféré parce que je t'aime plus. Mais j'ai eu tort; eux, au moins, sont braves.

Note 14:[ (retour) ] Sot.