—Je suis brave, aussi, moi!

—Oui, oui, joliment! Après m'avoir promis de me suivre à la Terrucole, tu m'abandonnes au moment d'y entrer. Tiens! y aller en compagnie ou y aller seul ce n'est plus pareil. Mais je m'en moque, s'il m'arrive malheur, tant pis!

—Je ne savais pas ce que tu voulais y faire, à la Terrucole: tu ne me l'avais pas dit; je ne pouvais pas le deviner. Pour y aller, bien, sûr j'en avais envie et cela me faisait plaisir de te suivre. Mais prendre l'argent!...

—Oui, oui, fais l'honnête! Comme si tu l'étais plus que les autres! Alors je suis un voleur, moi? Merci bien! Je vois ce que c'est: tu n'es plus mon ami. Si tu l'étais, tu ne me soupçonnerais pas comme cela, tu ne m'abandonnerais pas au dernier moment.

—Mais je ne te soupçonne pas, je ne t'abandonne pas... Seulement...

—Adieu, adieu, suis ton chemin, moi le mien. Bon appétit pour le réveillon!

—Peyroulin!

—Quoi, «Peyroulin»? Que veux-tu? Laisse-moi, je n'ai pas le temps de bêtiser. Maman approche.

—Je vais avec toi.

—A la bonne heure! Voilà, enfin, un garçon courageux. Qui dirait que tu as douze ans passés: tu es toujours aussi craintif. Eh! si j'habitais la ville, comme toi, depuis un an et demi, si j'étais apprenti dans un magasin où il vient tant de monde, tu verrais comme je serais! Mais maman n'a pas voulu m'écouter. Elle m'a fait rester aux champs, tandis que toi.....