—Ah! ouatte! tu n'as qu'à lui lancer des pierres, à ton chien, s'il veut faire le crampon. Et pis, moi, la mère Poupin, si j'étais à ta place, ce que je la balancerais!
—Comment?
—Ben, je l'enverrais paître avec ses bêtes! Une femme laide comme une chenille et méchante comme un âne rouge!...
—Mais non, mais non, elle n'est pas tant vilaine que cela; et, des fois, elle est bonne! et puis, c'est ma nourrice, je l'aime bien, moi, je ne veux pas qu'on en médise; elle m'a gardé, tu sais!
—J'crois ben! pour te faire faire la besogne du beau Nestor, le prince héritier, au nez camard, qu'a des cheveux comme des baguettes de tambour.
—Elle me nourrit, m'habille...
—Alle ne te laisse pas tout à fait mourir de faim, faut êt' juste, et t'empêche de crever de froid grâce aux frusques râpées du dit avorton.
—Mais, je ne lui suis rien, moi, pense donc, et je coûte, à élever!
—Ah! nom d'une peau-bleue, si ça ne fait pas suer! Il ne manquerait pus que cela qu'alle te flanquât à la porte, comme un chien! Et pis, pas si bête, ne lui sers-tu pas de domestique? Et un domestique qu'alle paye même pas, qui ne peut pas la planter là si alle l'embête. Dame, c'est queuqu' chose, ça, ça vaut ben le lard rance et les patates gelées qu'alle te donne. Sais-tu ce que tu devrais faire, toi? Quand je partirai mousse, faudra t'en veni' avec moi.
—Oh! oui, je veux bien, mais quand?