«M. Despréaux n'étoit pas ami de M. Pellisson ni de moi,» écrivait Mlle de Scudéry[ [132]. Elle aurait pu ajouter: «ni de mon frère,» car les fameux vers:
Bienheureux Scudéry dont la fertile plume
Peut tous les mois sans peine enfanter un volume, etc.
Ces vers, disons-nous, furent le premier grief de Sapho contre le satirique. Le nom de Pellisson, imprimé d'abord en toutes lettres d'une manière peu flatteuse dans la satire VIII[ [133], avait été remplacé depuis par un synonyme encore moins flatteur[ [134]. Enfin, une épigramme grossière, que Daunou répugne à croire écrite par Boileau, aurait même associé ce nom à celui de Sapho dans le reproche de laideur[ [135]. Mais on sait, du moins, ce que Boileau en pensait, par ce qu'il en dit plus tard dans ses Héros de roman.
«PLUTON.
Quelle est cette précieuse renforcée que je vois qui vient à nous?
DIOGÈNE.
C'est Sapho, cette fameuse Lesbienne qui a inventé les vers saphiques.
PLUTON.
Je la trouve bien laide, etc.»
Et plus loin, on se moque «des généreuses amies de Sapho qui ne surpassent guères en beauté Tisiphone, et qui, néanmoins.... ne laissent pas de passer pour de dignes héroïnes de roman.»