Evidemment ce pope, âme innocente et pure, n’avait pas compris toute la portée du titre qu’il s’octroyait avec tant de désinvolture.

Le code que les bolcheviks ont rédigé à la hâte sur le mariage marque un très grand progrès en comparaison des lois similaires du monde entier.

Pas de formalités compliquées ; les fiancés, sans demander le consentement de personne, vont devant le fonctionnaire déclarer qu’ils veulent se marier ; on les marie.

La femme ne perd pas son nom en se mariant ; entre les deux époux, la loi établit l’égalité complète ; la femme ne doit pas obéissance à son mari et, quant à la protection, la femme la doit au mari, comme le mari la doit à la femme lorsque l’un ou l’autre sont hors d’état de travailler.

L’adultère n’est pas un délit ; la femme peut même l’avouer publiquement, en allant déclarer au fonctionnaire que l’enfant dont elle est grosse n’est pas de son mari, mais de tel autre homme (art. 340).

Le divorce est aussi facile que le mariage ; il est accordé sur la volonté d’un seul des époux.

La destruction des vieilles lois qui régissaient l’union des sexes a eu certaines conséquences fâcheuses. Un grand nombre d’hommes ont, paraît-il, profité des nouvelles libertés pour abandonner leur vieille femme et en prendre une jeune.

C’est fâcheux, mais on ne fait pas de progrès sans léser quelqu’un. Dans l’ensemble, la liberté sexuelle est une bonne chose, elle affranchira la femme.

Pas d’émancipation réelle pour la femme tant qu’elle recherchera dans l’homme le soutien de sa vie. Elle ne devient vraiment libre et responsable que lorsqu’elle doit travailler pour vivre. Et les enfants ? L’avenir, c’est l’éducation par l’Etat. En attendant, la mère a droit à une allocation, ainsi qu’à une réduction du temps de travail.

J’assiste à la première séance du « Congrès des Jeunesses ».