A peine est-il parti, la bonne femme frappe à ma porte.

Je refuse d’abord d’ouvrir, je suis fatiguée, et j’ai payé le matin cinquante marks pour cette chambre. J’ai le droit d’y dormir tranquille.

Mais elle insiste, je finis par ouvrir.

La voilà qui éclate en reproches parce que la malle a rayé le parquet, un affreux parquet de sapin et elle me demande mon nom de femme mariée !

— Mais, je ne suis pas mariée.

— Pas mariée ! Mais, cet homme ?

— C’est mon cousin.

— Alors vous couchez dans la même chambre que votre cousin, c’est du propre !

J’ai envie de gifler cette harpie ; je me retiens, dans les circonstances actuelles ce serait de la plus grande imprudence. Elle finit par s’en aller ; mais j’ai les nerfs à fleur de peau, impossible de fermer l’œil. Dès le matin, je déménage. Dans le fiacre, je me sens soulagée d’avoir échappé à cette vilaine femme ; soudain un homme fait arrêter la voiture.

Cette fois-ci ça y est ; je fais appel à toute la fermeté qu’a réclamée l’œil de Moscou ; un homme vient à moi, poliment, un chapeau à la main : mon chapeau qu’il me remet. Le vent l’avait emporté et je ne m’en étais même pas aperçue.