—Sur mes cartons! s'écriait le régisseur.
C'était un spectacle véritablement tragique. Les jeunes premiers s'arrachaient les cheveux, les ingénuités pleuraient, les choristes se tordaient dans la fournaise comme autant de Machabées.
Grandménil survient, Grandménil veut sauver à tout prix ces précieux costumes si beaux, si brossés, si exacts, sous lesquels il joue tant de beaux rôles. Où courir? où ne pas courir? ce monologue de l'Avare était plus que jamais devenu le monologue de Grandménil.
Un Savoyard se présente.
—Monsieur, lui dit-il, je monterai pour vous à cette échelle, je sauverai votre garde-robe; mais il me faut un louis!
—Un louis! bourreau! murmure Grandménil; un louis! coquin! tu veux donc ma mort!
—Un louis, reprend le Savoyard.
—Va pour un louis, dit Grandménil après bien des hésitations.
Le Savoyard monte à l'échelle; un quart d'heure se passe: un quart d'heure d'angoisses pour Grandménil.
—Me volerait-il le scélérat, le pendard! Foin de lui! foin de ces gueux-là! Oh! je vais me plaindre à M. le préfet de police!