—Qu'appelez-vous mascarade, ma chère? objecte M. Floquet.
—Sans doute, obtus que vous êtes… n'avez-vous pas deviné qui vous a écrit!
—C'est le duc d'Aumont, voyez!
Et M. Floquet de tirer sa lettre d'un air de triomphe.
—Voilà votre duc, reprend la terrible madame Floquet en démasquant les batteries de Dugazon et en le montrant du doigt à son mari.
Dugazon ne se déferre point.
—Laissez dire votre femme, objecte-t-il, elle est difficile à contenter; croiriez-vous qu'elle a demandé elle-même cet ordre?
Madame Floquet ne se contenait point de colère, elle avait des motifs réels d'aversion pour Dugazon. M. Floquet était mince, petit, chétif d'esprit autant que de corps; elle le menait littéralement à la baguette.
Dugazon demeurait dans la même maison que le pauvre M. Floquet, à qui sa moitié infligeait souvent des corrections retentissantes. L'hôtel de Bouillon, quai des Théatins, où se passaient ces scènes furieuses, en était scandalisé, d'autant plus que c'était la nuit qu'elles avaient lieu. Une nuit, M. Floquet recevait ses appointements; Dugazon sort en chemise de sa chambre à coucher, armé d'une lanterne sourde.
—Ne pourriez-vous pas au moins changer d'heure, vertueuse madame
Floquet? demandait-il à la farouche compagne du maître d'écriture.