Bien qu'il ne dût guère rester plus d'un an au théâtre de mademoiselle Montansier[53], il ne laissa pas que de s'y faire remarquer, tant et si bien que sa place semblait désignée à la Comédie Française.

Ce fut lui qui établit à la Montansier le rôle de Jocrisse; celui de Colin, son petit frère, était rempli par mademoiselle Mars.

Valville était là dans la coulisse tout prêt à jouer avec Grammont et les demoiselles Sainval dans je ne sais plus quelle tragédie. Dorvigny, l'auteur du Désespoir de Jocrisse, n'était pas encore arrivé; franchement c'était le moins que l'on ne commençât pas ces deux actes sans lui.

—Où donc est Dorvigny? demanda Baptiste à Valville.

On cherche, on s'informe, pas de Dorvigny.

—La famille des Jocrisses arrêterait-elle l'ouvrage nouveau, demande
Valville; elle est, certes, fort nombreuse!

—Vous verrez qu'il aura eu quelque malheur, ce pauvre Dorvigny!

—Il aura perdu sa femme!

—Il se sera pris de querelle avec Coffin-Rosny!

—Il est au café Godet à jouer aux dominos!