Le physique de Damas manquait d'éclat, le visage de cet acteur était ingrat, son nez seul prêtait à une série de quolibets dont ses détracteurs ne se firent faute. Damas avait de la chaleur, une grande intelligence, mais il bredouillait et encourait pour l'ordinaire l'inimitié de ses interlocuteurs qui lui reprochaient de cracher dans l'œil. En revanche, ses amis cherchaient à le consoler en lui faisant observer qu'il avait une grande similitude avec Lekain. Le nez écrasé de Damas ressemblait en effet à celui de ce fougueux Othello, de cet Orosmane camard dont toutes les gravures conservent si religieusement les traits.
Les deux Grammont faisaient aussi partie du théâtre Montansier, sans se douter que l'échafaud pût remplacer un jour pour eux la tragédie.
L'un d'eux figura au massacre des Suisses (10 août). On le vit en pantalon collant avec une couronne de lierre sur la tête entamer des pourparlers avec les défenseurs du château.
On ne saurait croire combien d'acteurs ambitionnaient alors l'habit de général: nous citerons à propos de Robert, chef de brigands, joué au théâtre de la cité par Baptiste aîné l'anecdote suivante qui prouve à quel point toutes les classes brûlaient alors de l'envie de s'élever. Les jeux du hasard élevaient en ce temps-là un homme au haut de la roue, ou l'immolait sans pitié!
Dans la pièce de Robert, chef de brigands, pièce dans la quelle excellait Baptiste aîné, il y avait trois brigands secondaires.
Ces trois brigands portaient la barbe, le sabre, les moustaches, en un mot tous les accessoires de sa piraterie. Ils juraient comme Cartouche et prenaient des poses académiques comme Mandrin.
Mais quels étaient ces bandits?
Si vous désirez le moins du monde savoir leurs noms nous allons les inscrire ici par ordre:
Le premier était le général Anselme, frère de Baptiste aîné.
Le second, le baron Capelle, ancien ministre de Charles X.