—Tu vas le gâter avec des changements, je te connais, rien ne vaut l'idée première…
—Mais c'est…
—Ah! trêve de mais, je veux ton manuscrit, je le veux!
Et l'impérieux Brunet enlevait impitoyablement le manuscrit des mains de son auteur; il l'ouvrait, mais, ô surprise! le papier de Dorvigny était vierge de toute écriture…
Dorvigny avait tout improvisé!…
Le lendemain, il ne se rappelait rien, l'ivresse avait, hélas! passé par là!
Peu d'auteurs feraient, de nos jours, pareils tours de force.
Brunet dut avoir recours à un sténographe pour Dorvigny.—Mais, en ce temps-là, l'art de la sténographie était dans l'enfance.
Quand Dorvigny mourut, il ne devait laisser que des dettes, nous ignorons quelle société dramatique ou philanthropique les paya, mais un homme qui avait fait tant rire méritait bien qu'on s'intéressât un peu à lui.
Revenons à Baptiste cadet[58].