D’un geste harmonieux et lent, parmi les fleurs, il prend une poudre odorante dont il parfume ses doigts.
— C’est pour celle-ci, dit Fatma montrant leur compagne.
Le devin se recueille, fixe Mouni et prononce :
— Tu n’es pas aimée, ô jeune fille. Tu ignores l’amour arabe et l’amour chrétien te méprise. O jeune fille, le temps de l’amour qui est celui de la beauté passe comme un reflet sur le visage des femmes.
— Quel est le Chrétien dont l’amour me méprise ? questionne Mouni haletante.
— Celui que tu voudrais. Cela est tout. Comprends avec un cœur clair. Ta beauté, ta jeunesse et la vie finiront ensemble.
De charmants baisers, Sisann et Fatma caressent encore le front du derouïche.
Elles emmènent Mouni à travers des groupes d’Européens des deux sexes et de ces Juives qui discrètement brûlent des cierges dans les koubbas.
Dehors, Sisann dit :
— Ton ami est un chrétien, Mouni. Est-ce l’homme aux yeux bleus, aux cheveux bientôt gris ? Que n’aimes-tu plutôt mon frère qui est jeune ? Et le Chrétien imbécile ne t’aime pas…