— Mouni, Mouni… murmure Noura, saisie éblouie de certitude après un soupçon.

Mais Mouni se détourne et la mélancolique Djénèt reprend :

— On ne sait pas quand on se marie. C’est pour vous comme pour nous. Il faut patienter. Dieu est avec les patients et je ne divorcerai pas.

Noura prononça avec effort :

— Puissent des enfants te consoler.

— Je ne désire pas d’enfants. Je n’ai ni joie ni fortune, mais dix vaches maigres pour leur héritage. S’ils veulent naître qu’ils soient des fils.

— Des fils qui t’écouteront, que tu élèveras dans l’esprit que j’essayai de te donner, afin qu’ils deviennent les maris dignes des filles civilisées, de femmes telles que toi.

Et Djénèt répond évasivement :

— Je ne sais pas. Cela est loin. L’ignorance est bonne.