Elle attira Noura contre sa bouche et murmura à la faveur des sanglots :

— Je ne crois plus au Koran, je ne crois pas à l’immortalité ; je n’ai pas voulu d’autre croyance parce que, avant tout j’étais une Arabe fidèle à sa race. Il y avait trop de choses dans mon cœur et dans ma tête ; elles m’ont tuée…

Elle dit encore, et l’effroi fluait dans ses larges prunelles.

— Je n’ai pas peur de la mort ; mais c’est la première nuit dans l’ombre du tombeau qui m’épouvante… Elle doit être si longue et personne ne sera près de moi ! Fait-il froid dans la terre ?… Je m’habituerai…


Oureïda est morte.


Déjà la nouvelle bondit de terrasse en terrasse. Les pleureuses et les ensevelisseuses accourent. Elles accourent pareilles aux corbeaux qu’un cadavre fait voler des quatre horizons…

Elles sont si habiles que prompte est la funèbre toilette. Et voici Oureïda, ses ultimes désirs accomplis, échappant à l’horreur étroite du suaire, enlinceulée d’une robe de brocart et de sa chevelure fabuleuse…

Oh ! la beauté suprême de la plus belle des Endormies pour l’éternité !…