Maintenant, tu reposes au creux du bassour, sous l’éclat et la pesanteur de tes bijoux.

Au pas dansant de sa jument alezane, Ferhat El Hadj précède la caravane sur le chemin de son pays.


Au large, jusqu’au plus large de l’horizon, c’est l’infini de la steppe, toute la face saharienne ravagée de soleil, toute la liberté qui grise les errants.

Et toi, Mouni, petite captive des chaînettes d’or et des anneaux barbares, tu ne pleures pas sur ta captivité, tu ne veux rien tenter pour y échapper ; et si Noura te faisait signe, là-bas, vers le Nord, tu baisserais tes paupières pour ne pas voir son geste d’appel.

Etrange Mouni, ô toi tout l’Orient et tout l’Islam, malgré l’Europe dont on voulut t’imprégner, tout l’enfant et toute la femme aux impressions fugaces et persistantes, aux sentiments légers et têtus, aux pensées qui semblent si claires et restent indéchiffrables ; petit sphinx étrange !…


Et Mouni ordonne en posant sa tête sur l’épaule de son esclave :

— Répète encore ce que t’a dit le M’zabi.

Rhadra docile parle dans le palanquin.