Le voile tomba. Une main saisit son poignet. Il entendit une voix ardente.
— C’est Mouni.
Il tressaillit, se sentant brusquement ému jusqu’au profond de son âme, et grave, et soucieux comme devant un mystère inquiétant ou un inéluctable péril.
Mouni était là, seule, et comment ? Que signifiait cette présence ?… Les vibrations de la voix reconnue se prolongeaient en lui. Il se crut dans un paysage de rêve, en face d’une apparition qui se volatiliserait bientôt.
Il distinguait à peine le visage passionnément levé vers le sien. Et Mouni fut sur sa poitrine, les bras noués à son cou…
Il la détacha doucement. Il se refusait encore à admettre la stupéfiante réalité.
— Explique-moi…
Elle eut une sorte de frisson.
— Ah ! tu veux savoir avant de m’accueillir.
La petite voix s’exprimait en français, lente, contenue, mais frémissant de passion refoulée.