Les lèvres de Noura s’étaient entr’ouvertes sans qu’elle pût parler. Et soudain, elle frissonna de mieux voir le visage de Claude et tel qu’elle ne l’avait jamais connu dans l’autrefois de leur amoureuse amitié. Elle respira péniblement et l’atmosphère lui sembla lourde de menace.
Cependant, elle articula :
— Pourquoi êtes-vous ici ?
— Des évènements se sont accomplis qui m’ont imposé de revenir. Je ne resterai pas longtemps. Ce que j’ai à vous dire sera bref. Pardonnez-moi si, vous aimant, je vous fais mal encore, si je vous parais dur et sans pitié comme une voix de la fatalité.
Sa main nerveuse s’appuya au figuier. De manière saisissante, il retrouvait près de la jeune fille son attitude du cimetière d’Alger.
— Je suis ici pour Mouni, dit-il.
Noura sursauta.
— Mouni n’est plus avec moi.
— Je le sais. Elle m’a appris la triste aventure.