Il s’approcha, ébauchant une conversation quelconque pour le seul plaisir d’être près de la jeune fille.

Dans un angle de la cour, des négresses préparaient un collier pour Lella Fatime.

L’atmosphère était pleine des parfums combinés de la pure essence de rose, de la résine de genévrier, de mounès, de djaoui et de clous de girofle écrasés avec d’autres grains odorants. Cela formait une pâte précieuse qui avait exigé huit jours de manipulations savantes. Maintenant, les négresses la roulaient en petites boules brunes qu’elles enfilaient sur des brins d’alfa pour les faire sécher. Puis, réunies à l’aide d’un fil de soie verte, alternées avec des perles d’or et de corail, elles seraient la parure enviée, réservée aux femmes de haut rang.

Les négresses chuchotaient en regardant Si Laïd et Noura. Un signe imperceptible les fit taire et disparaître…

— Les heures perdues qui pourraient être consacrées à l’amour nous seront comptées comme des crimes, murmure Si Laïd. Noura, je t’aime ; il faut que tu sois ma « lumière ».

Noura se lève.

— Quelle folie, Si Laïd !

— Pourquoi ?… Certes, l’amour est la pire folie ; mais c’est la seule que l’Univers accepte avec bonheur.

— Je ne suis pas de ta race.

— Ne suis-je pas assez de la tienne ?