Lella Guemara reprit la parole.
— Je sais ton œuvre et que tu travailles pour le bien, dans ta pensée, ô Mâlema. La science est bonne ; c’est par la science que je règne dans ma maison ; mais c’est une science selon l’Islam.
— La suprématie sera plus grande encore quand au savoir islamique s’unira la connaissance des choses d’Europe. Les musulmanes de demain ne seront plus des esclaves, des humiliées ou des endormies derrière les murailles et les lourdes portes. Elles auront le droit d’élever la voix pour exprimer leur volonté, toutes, sans exception.
Le sourire de Lella Guemara se fit mince et froid. Sous la politesse exquise, on sentit sourdre l’hostilité.
Elle prononça une phrase du Koran :
— « Le salut de la femme est dans l’humilité aux pieds de son mari. »
— Tu domines le tien, — je le devine. Pourquoi ?
— C’était écrit.
— Ce sera écrit pour toutes. Toutes deviendront les égales du maître d’aujourd’hui.
Lella Fatime intervint :