« Sans le relèvement moral et intellectuel des populations, le défrichement de l’Afrique n’est pas possible.
« Toutes les dépenses et tous les efforts séculaires auront été faits en pure perte. Sans la sympathie sincère des Musulmans d’Afrique, on n’a devant soi que l’anarchie et la stagnation. Ainsi, que de temps la généreuse France a perdu dans sa marche sur cette voie de paix et de liberté ! Elle n’a fait jusqu’ici que tâtonner et les Algériens sont plus ignorants que jamais.
« Supposons une population africaine reconnaissante et éclairée de la manière que permettent et son génie et ses aptitudes. La France aurait une influence salutaire immense sur l’Islam entier, au lieu de patauger dans les marais pestilentiels de l’assimilation à outrance[22].
[22] Arafate. Le Caire.
« C’est violent, n’est-ce pas ? Tenons compte de l’exagération orientale.
« Notre assimilation n’est pas un marais, mais le lac merveilleux, où doit se plonger notre conquête algérienne et d’où elle sortira semblable à nous.
« J’ai lu encore :
« Plusieurs renaissances partielles se font déjà remarquer. Les idées se purifient peu à peu. Là est la vie ! Si les petits ruisseaux se rencontrent, ils formeront un fleuve splendide et la science Islamique sera ressuscitée. »
« Le Mahdi veut faire couler l’un de ces petits ruisseaux. Mais que pensez-vous de tout cet Islam redressé, formidable dans l’immense Afrique et dans les cinq parties du monde ; car il a des adhérents partout. Ce ne sera plus la France qui le dominera, mais lui qui dominera la France et l’Europe. Les Français qui travaillent à cette résurrection jouent avec le feu ; ils se brûleront les premiers ; ils seront convertis par l’Islam renaissant comme Claude Hervis l’est par l’Islam décrépi.