« Nous adressons le salut, depuis le commencement jusqu’à la fin, à celui qui occupe une très haute situation, l’excellent, l’honoré, l’illustre, le pur, le parfait, le protégé de Dieu, le respecté, le glorieux, le puissant, — que son élévation et sa puissance soient durables !

« Nous, habitants indigènes de …, nous avons appris avec joie que dans le discours prononcé à Alger le 30 mai 1908, Monsieur le Gouverneur Général s’est exprimé en ces termes :

«  — Nos populations indigènes savent que notre ambition est de les rapprocher de plus en plus de la grande famille française, de les élever jusqu’à elle par le progrès de leur bien-être, par les bienfaits de l’enseignement et de l’assistance.

« Ces paroles ont fait épanouir nos cœurs. Nous avons constaté que la France n’a jamais failli aux engagements qu’elle a pris, aussi est-ce avec confiance que nous vous adressons la présente supplique.

« Il existe à …, au quartier des Oulad-Seultan, hors la porte Bab-es-Sebt, un établissement pour le bien du pauvre et du malade. Depuis longtemps, des religieuses s’y dévouent sans espoir d’autre rémunération que celle de Dieu.

« La fermeture de cet établissement nous plongerait dans la douleur : les enfants qui y trouvent un travail honorable retourneraient à la misère, les malades à tous leurs maux. Qu’il soit épargné ! — Cette maison a aussi toute notre confiance parce que notre religion y est respectée.

« Nous avons révélé ce que recélaient nos cœurs, car nous avons un ferme espoir dans votre bonté.

« Puisse Dieu prolonger votre existence et vous prodiguer ses faveurs. »


Plus de deux cents noms arabes signaient la supplique.