parce qu’elle a parlé, nous avons entendu couler les sources.

Si l’amour frappe la vierge au visage ensoleillé,

alors, nous saurons ce que vaut l’amour…

Veux-tu la beauté, voici Mâadith,

et voilà le nid du bonheur !

Tendre d’abord, le djaouak de Kralouk s’exaspérait. Il se tut et le musicien contempla silencieusement Mâadith qui ne répondait pas à sa chanson.

Il remit le djaouak dans sa gaine de cuir. Mâadith cessa de considérer l’abîme, palpitant d’ailes de ramiers et de corbeaux rentrant au gîte, et dit lentement :

— O mon cousin, je désirerais travailler un peu comme autrefois, ne pas rester chez toi tel un enfant incapable duquel ne vient aucun profit. Je voudrais gagner au moins le miel de la maison. Je suis redevenue l’amie des logis ; je retrouverai mes élèves.

Le sourire de Kralouk s’accentua :

— Tu veux recommencer un labeur inutile ; car les femmes ne travailleront pas et passeront leur temps à te raconter ta beauté et les hommes ne sortiront plus à cause de toi. O semeuse de trouble, désires-tu ce désordre ?