Mâadith demeurait songeuse sentant que Kralouk pouvait avoir raison. Cependant, elle insistait. Mais il reprit :
— Il y aura toujours du miel dans la maison de l’Homme au djaouak. Quant à toi, tu ne dois apporter que la félicité de ta présence. Et Mâadith ne peut pas travailler. Je le lui défends.
Mâadith se redressa, cabrée :
— Je suis libre et je ne veux pas devoir toutes choses à ta pitié ou à ta générosité trop grande. J’agirai donc selon ma pensée, avec sagesse et prudence, mais j’agirai.
— Je le défends, répéta doucement Kralouk.
— De quel droit ?
— Du droit de l’homme sur la femme.
— Cela est bon pour Louinissa, peut-être, mais moi, je suis libre, te dis-je !
— Non, car tu es dans ma maison, fit-il plus doucement encore.
Mâadith recula sans réplique. Son orgueil ne s’insurgea pas devant cette affirmation de possession dominatrice. Elle baissa des yeux soumis sous le regard aigu du musicien. Déjà lasse de cette velléité d’initiative née de son désœuvrement inaccoutumé, elle consentait, satisfaite de consentir et de ne plus avoir à se poser la question qui l’avait rendue perplexe.