—Si, cela commence.

—Ce n’est pas bien ce que tu dis là, et tu n’es pas un bon petit Français.» Et j’étais tout à fait fâchée.

Pierre est devenu tout rouge, il est parti et il est monté dans sa chambre. Phœbus, comme s’il me comprenait, s’est approché de moi, j’ai pris son cou dans mes bras et je l’ai embrassé pour me consoler. Barbe commençait à crier que Pierre était un méchant garçon et que maman le saurait quand elle rentrerait.

Je lui ai dit de se taire, et alors j’ai préparé le goûter. Mais je ne voulais pas comme à l’ordinaire appeler Pierre, j’étais trop en colère contre lui.

J’étais descendue à la cuisine qui se trouve dans le sous-sol, et en remontant j’ai trouvé au beau milieu de la table, une lettre de Pierre. La voici:

«Ma chère Noémie, je te demande pardon! Je suis un très méchant garçon, je t’aime bien et je ne veux pas te faire de la peine. Oublie ce que je t’ai dit tout à l’heure et montre, au méchant Français, que tu es une petite Belge épatante. Pierre.»

Pauvre Pierre! c’est un bon ami, au fond.

Je dis à Barbe:

«Va chercher Pierre, dis-lui de venir goûter.»

Pierre est descendu, et lorsqu’il est entré dans la salle à manger, je l’ai embrassé et notre dispute s’est terminée ainsi.