—C’est le journal d’une petite Réfugiée belge, et c’est pourquoi les Français s’intéresseront à son histoire. Il est écrit au jour le jour, simplement, tout ce qu’il raconte est vrai et c’est pourquoi je vous le demande.»

J’étais tellement saisie que je ne pouvais comprendre.

«Mais il faut que je le dise à maman; je vous le donnerai si maman le permet.

—Naturellement, Noémie; seulement c’était à vous que je voulais en parler, car il vous appartient.»

Et, en disant c’est mots, Mlle Suzanne m’a embrassée très fort.

Après son départ, je suis allée vers Pierre pour lui dire la raison de la visite de Mlle Suzanne. Pierre n’en pouvait croire ses oreilles, il s’est mis à gambader en criant:

«Bravo, bravo! Vive Noémie, le célèbre auteur belge!»

J’avais beau lui recommander de se taire, il continuait encore davantage, et Phœbus aboyait en voulant sauter sur moi, malgré sa jambe de bois.

A ce moment maman est arrivée. Nous voulions tous parler à la fois et Pierre riait plus fort que moi; enfin maman nous fit taire, car elle voulait nous apprendre aussi une chose très importante.

«Quoi donc, dis vite, petite maman!