—Oui, mais je ne veux pas obéir à Pierre, il n’est pas mon frère.
—Ce que tu dis est très mal, Barbe; tu sais bien que Pierre a été comme un vrai fils pour maman et Tantine Berthe et un très bon ami pour Noémie. Il t’aime beaucoup, bien qu’il te taquine quelquefois. Alors, ne sois plus méchante et demande pardon à Pierre: sans cela, j’aurai du chagrin et lui aussi.
—Eh bien, oui!»
Barbe alla vers Pierre et l’embrassa. Alors Pierre, qui avait eu l’air ennuyé de cette conversation, se mit à rire et s’écria:
«Eh bien, moi, j’offre à goûter à mes petites amies, sur mes économies!
—Non, dit Madeleine, garde ton argent.
—Non, non, cela me fait tant de plaisir de le dépenser avec vous. Il faut trouver un bon pâtissier. Oh! j’en connais un fameux, place Médicis, où je suis allé souvent avec papa en sortant du lycée. Venez, c’est par ici.»
Barbe avait l’air ravi. Pierre lui dit:
«Tu n’aimes pas mieux les gâteaux que les chevaux de bois?
—Oh! si, j’aime mieux les gâteaux.»