Barbe se précipita sur Pierre pour le battre, mais il se sauva et Phœbus, en courant après lui, entraîna Barbe qui se mit à rire!
Oui, mais il faudra peut-être aller au Havre pour travailler! Nous aussi, nous serons courageuses. Nous serons plus près de papa et même de Désiré. Le capitaine Mase est du côté d’Arras. Il a écrit à Pierre que le mois prochain il devait aller à Harfleur chercher des canons et qu’il le verrait; son fils viendrait le retrouver à un endroit qu’il lui désignerait. Pierre, à cette nouvelle, était dans une joie folle. Il gambadait et sautait dans toute la chambre. On voulait le calmer mais il n’y avait pas moyen.
Tous réunis!
Paris, le 1er août 1915.
PAPA n’est plus à Anvers; il est auprès du roi Albert et nous allons le rejoindre!
Il faut que je garde bien le souvenir de tant d’événements et que je les raconte par ordre, comme dit Tantine Berthe. Nous sommes restées jusqu’à la moitié du mois de juillet sans recevoir de nouvelles, ni de lettres de Désiré.