«Tu es un sale Boche.»

Pierre, furieux, lui donna une claque. Naturellement Barbe se mit à hurler. Tantine Berthe la prit et l’emmena dans sa chambre.

Nous avons quitté Montbrison le lendemain du jour où nous avons reçu la lettre de papa. Nous avions beaucoup de chagrin de quitter Mme Moreau et nos petites amies qui ont été si bonnes pour nous. Mais nous avons promis de nous écrire souvent en attendant de nous revoir.

Malgré notre impatience de retrouver papa, nous avons été obligés de rester deux jours à Paris, parce que Tantine Berthe était fatiguée du voyage. A la gare nous avons trouvé Mlle Suzanne qui nous a tous conduits rue Bonaparte dans la maison où nous avions habité avant d’aller à Montbrison. Seulement, les propriétaires étaient revenus. Ils nous ont reçus avec tant de joie que nous pensons que tous les Français sont bons. Pierre, qui est avec nous—car son papa, ne se remettant pas de sa blessure, est actuellement en service aux ateliers de Harfleur où se fabriquent les canons français—Pierre me dit:

«Tous les Français sont épatants!»

M. HOLLEMECHETTE REMIT LES PAPIERS A LEUR PLACE.

M. et Mme Lemarie ont une petite fille très jolie et très gentille. Elle n’a que trois ans et Barbe veut toujours jouer avec elle. Elle a des cheveux blonds, de grands yeux bleus et parle très distinctement. Dans la journée, elle s’amuse à balayer les petits cailloux des allées de son jardin. Phœbus reprend sa place au soleil sur le perron et Barbe remplit les seaux de sable.

Nous avons été faire une visite à M. Le Peltier, au séminaire de Saint-Sulpice. Il y avait à ce moment-là beaucoup de petits enfants qui arrivaient d’Arras et du nord de la France et qui n’avaient plus leurs parents!