Je pensais que nous étions encore bien heureux d’avoir notre papa et notre maman, car quand on a son papa et sa maman, on a encore tout au monde.
Le Havre, août 1915.
Nous avons revu notre papa chéri et nous voilà de nouveau tous réunis. Nous ne sommes pas chez nous, dans notre pays, ni dans notre chère maison, mais, comme dit papa, «nous y retournerons et nous reconstruirons nos maisons détruites.»
Oh! comme nous avons été émues en retrouvant papa!
Au Havre, il nous attendait à la gare. Nous avions pris un train qui partait à huit heures du matin de Paris et qui devait arriver au Havre à onze heures.
Pierre et Mme Mase sont restés à Paris; ils nous ont dit qu’ils avaient encore des emplettes à faire; mais je sais bien qu’au fond, ils ont voulu nous laisser seules avec papa pour les premiers jours.
Pierre nous avait accompagnées à la gare. Naturellement nous n’avions pas de bagages; seulement des paquets qui contenaient notre linge et une valise dans laquelle nous avions mis nos robes.
PAPA NOUS SAISIT DANS SES BRAS
TANDIS QUE PHŒBUS SAUTAIT SUR LUI.