JE ME PENDIS AU COU DE PAPA
QUI S’EFFORÇAIT D’ÊTRE CALME.
«Il ne faut pas avoir peur ainsi; quand tout le monde est réuni, et qu’on ne s’abandonne pas les uns les autres, il n’y a aucun danger.
De quel danger voulait-elle parler?
Naturellement, le déjeuner n’était pas prêt à l’heure habituelle; papa n’était pas content, car il aime l’exactitude; alors, quand maman lui a dit: «Que veux-tu, mon pauvre ami, dans ce moment-ci, il faut excuser un retard», il a répondu:
«Oui, oui, je comprends, mais il faut justement dans les moments difficiles que chacun fasse son devoir et même mieux que jamais, comme nos garçons le font, comme notre Roi le fait.»
Moi, je savais que c’était maman qui avait fait le déjeuner et Madeleine nos chambres, parce qu’Hélène avait pleuré toute la matinée et qu’elle n’avait aucun courage.
Ce jour-là, la femme Greefs, qui fait le ménage de Tantine, est venue prévenir maman que Tantine nous attendait comme à l’ordinaire, le lendemain, pour le déjeuner.
Papa, qui l’a entendue parler, est sorti du magasin et s’est écrié: «Bien entendu, pourquoi pas?» Sa voix était très ferme, elle s’est adoucie subitement, tandis qu’il lui demandait:
«Comment vont vos petits, madame Greefs?»