Elle s’adressa à un monsieur décoré qui avait l’air très sérieux, en le suppliant de lui donner des nouvelles de Louvain.

Ce monsieur assura qu’il savait seulement que les Allemands avaient brûlé des monuments à Louvain, mais que les habitants n’avaient pas été molestés—c’est le mot qu’il employa. Mais puisque nous étions de Louvain, il allait chercher des informations certaines afin de nous renseigner exactement. Il dit à maman de revenir dans la soirée et de demander M. Beughel.

Nous sommes retournées au Musée Plantin, maman peut à peine parler et c’est à ce moment que j’écris ces pages sur le bureau du fils de M. Claus.

26 août.

Hier soir, M. Claus est revenu de l’Hôtel de Ville avec maman. Louvain a été bombardé et brûlé, et cinquante automobiles allemandes sont entrées à Malines. M. Claus veut que nous quittions tous Anvers.

Maman a beaucoup pleuré; elle voulait retourner à Louvain, en nous laissant, Barbe et moi, à M. Claus. Alors j’ai supplié maman de me garder avec elle.

«Je t’en prie, petite maman, que nous ne te perdions pas, toi aussi. Que ferions-nous, Barbe et moi, sans papa et sans maman? Non, non, ne nous quitte pas.»

Je ne savais que dire, mais je m’accrochais à son cou en sanglotant.

M. Claus nous regardait et dit doucement à maman:

«Madame Hollemechette, votre petite Noémie a raison, n’abandonnez pas ces enfants. Nous retrouverons votre fille aînée et votre mari, car, à cause d’elle, il ne se sera pas exposé inutilement.