—Oh! je le sais bien, c’est pour cela surtout que j’avais laissé ma fille.»

Maman a fait un effort sur elle-même et a dit: «C’est décidé, je ferai ce que vous voudrez».

Il est entendu que nous partons tout à l’heure pour Ostende.

UN PETIT ÉCOSSAIS MARCHAIT
EN TÊTE DES BOY-SCOUTS.

Gand, le 3 septembre.

Nous sommes parties lundi matin d’Anvers, et nous sommes depuis deux jours à Gand, où nous attendons de pouvoir prendre un train pour Ostende. Je crois aussi que maman s’éloigne à regret de Louvain, et qu’elle espère avoir des nouvelles de papa et de Madeleine.

Le petit Claus nous avait conduites au chemin de fer. Il y avait beaucoup de monde encore, et on racontait des choses terribles sur l’armée allemande. Les Allemands étaient à Bruxelles, à Malines; ils auraient brûlé Louvain et Aerschot, l’Université et la Bibliothèque seraient en cendres! On avait emmené les hommes en Allemagne.

Quand maman entendit cela, elle ne voulait plus partir; mais quand elle parla à un officier qui était à l’entrée de la gare, il lui dit qu’il n’était plus possible de revenir en arrière, que les troupes allemandes avançaient, qu’Anvers allait être assiégé et que l’on ferait partir les femmes et les enfants.