—Bien, bien, interrompit un vieux monsieur à cheveux blancs, qui semblait nous regarder avec intérêt, dites seulement les choses intéressantes.

—Oh! voilà; les Allemands sont arrivés à Louvain le 20 août; l’armée belge s’était retirée la veille pour que notre chère et ancienne ville fût préservée, car on savait déjà que les Allemands brûlaient et pillaient tous les villages et les maisons qui étaient sur leur passage.

«Le premier jour, tout se passa bien; les habitants donnaient ce qu’on leur demandait, et les soldats, bien qu’un peu tapageurs, ne commirent pas de violence. On nous empêchait seulement de sortir et de nous promener. Du reste, beaucoup de gens avaient fui à l’approche des Allemands.

—Mon Dieu, je suis bien sûre qu’il est resté, lui!

—Qui ça, madame?

—Mon mari, le libraire de la rue de Namur, M. Hollemechette.

—Oh! madame; je connais bien M. Hollemechette, et papa aussi, le relieur de la rue du Marché-aux-Légumes, je suis le fils de M. Josen. Votre mari est parti à l’heure actuelle, mais si vous saviez ce qu’il a fait! Il a empêché toute une rue de brûler!

—Oh! ça, c’est bien mon papa! ai-je dit.

—Racontez vite.»