Seulement, elle alla vers un officier d’artillerie qui parlait à ses soldats près d’une mitrailleuse; elle lui demanda s’il n’avait pas des nouvelles du 2e régiment d’artillerie où était Désiré.
«Oh! ce régiment est près d’Anvers. Il s’est joliment bien comporté déjà, je ne sais rien autre à son sujet. Mais vous devriez aller à la caserne Léopold où sont arrivées depuis huit jours des troupes d’Anvers. Il y a aussi l’hôpital de la Digue. Les derniers combats ont été vifs et, certainement, vous aurez des nouvelles.
—Merci beaucoup, monsieur le capitaine, mais ce soir je ne peux pas y aller, il faut encore que je trouve à me loger avec mes deux petites filles.
—Oh! mais, vous savez, il n’y a pas place pour une épingle dans Ostende! C’est effrayant. Moi-même j’ai cru que j’allais être obligé de coucher à la belle étoile.»
Barbe, qui est toujours très familière, était près du capitaine et touchait son sabre malgré mes signes.
«Oh! qu’est-ce que c’est, la belle étoile?
—C’est rester toute la nuit sous le beau ciel et les belles étoiles, sans abri et sans dodo.
—Oh! moi, je veux coucher dans un dodo.
—Comment vous appelez-vous, ma petite fille?
—Barbe Hollemechette.