—Mon Dieu, c’est le nom de notre patronne, à nous autres artilleurs! Oh! je veux que cette petite Barbe ait un dodo ce soir. Madame, ajouta-t-il, en se tournant vers maman, je loge chez une vieille dame qui a peut-être un coin où elle pourra vous mettre à l’abri. Mon service est fini, venez avec moi, c’est tout près d’ici et nous allons arranger cela immédiatement.»

Pendant que maman le remerciait, il parla encore à ses soldats, et puis il prit la main de Barbe d’un côté, la mienne de l’autre et nous nous sommes dirigés tous les quatre vers une rue étroite qui longe l’église.

Au coin de la rue, l’artilleur s’arrêta devant une petite maison très propre avec un jardin plein de fleurs qui sentaient très bon.

La porte s’ouvrit et une vieille dame à cheveux blancs, avec une robe noire et des lunettes, vint au-devant de nous en s’écriant:

«Mon Dieu, Monsieur le capitaine, qu’est-ce que vous amenez là, deux petites filles? Mais ce n’est pas à vous?

—Non, non, madame Beulans. Cette dame arrive de Louvain, où elle a laissé son mari, sa fille....

MADAME BEULANS REMPLIT DE GATEAUX LES POCHES DE BARBE.

—Et Tantine Berthe, dit Barbe.