—C’est un canon? dit Barbe.

—Oui, nous les appelons en France des 75, et c’est grâce à eux que les «Boches» sortiront de Belgique.

«Maintenant c’est la cavalerie qui défile. Les chasseurs avec leur dolman bleu ciel, les cuirassiers avec leur belle cuirasse et les dragons avec leur casque brillant. Et les chasseurs à pied qui suivent, ils vont comme le vent et grimpent sur les montagnes comme des chèvres. Les turcos, les spahis, les zouaves terminent le défilé. Les Allemands en ont une terrible peur: ils les appellent «les diables».

«Maintenant que tout le monde est en place, salut aux drapeaux et vive la France!

—Et vive la Belgique, dis-je aussitôt.

—Oui, vive la Belgique!»

Barbe se mit à battre des mains en riant; alors je vis que maman ainsi que celle de Pierre, et les deux vieilles dames nous regardaient sans dire un mot et que leurs yeux brillaient beaucoup.

Le train s’était arrêté. Un voyageur dit à maman qu’on allait rester là un grand moment, car il y avait un encombrement.

Une des vieilles dames décida qu’il fallait manger quelque chose, surtout à cause des enfants. Après, je me suis mise à écrire mon journal

Paris, le 20 septembre.