- Je compte obtenir du Comité Central des mesures effectives pour réprimer les attentats. Je crois qu'il serait bon de faire mettre en accusation les hommes connus de tous comme chefs de groupes terroristes. Monsieur Garine, je désire savoir quelle sera votre attitude, quelle sera l'attitude de vos amis en face des propositions que je vais présenter.

Il retire sa main, et la replonge dans sa manche.

- Depuis quelque temps, répond Garine, il faut reconnaître, monsieur Tcheng-Daï, que les instructions que vous avez données à vos amis se sont opposées d'une façon rigoureuse - et un peu malencontreuse - à tous nos désirs.

- On vous a trompé, monsieur Garine ; sans doute avez-vous quelques mauvais conseillers, ou vos informations ont-elles été mal prises ? Je n'ai donné aucune instruction.

- Disons des indications.

- Pas même... J'ai exposé ma façon de penser, donné mon opinion, c'est tout...

Il sourit de plus en plus.

« Je suppose que vous n'y voyez pas d'inconvénient ?

- Je fais grand cas de votre opinion, Monsieur ; mais j'aimerais - nous aimerions - que le Comité en fût informé autrement...

- Que par ses agents de police, monsieur Garine ? Moi aussi. Il eût pu, par exemple, m'envoyer un de ses membres, une personne qualifiée. Il le pouvait bien certainement (il s'incline légèrement) et la preuve, c'est que nous sommes ensemble.