Sa voix vendéenne, où les syllabes sonnent, dominait la mer. Il chantait comme un perdu dans une écharpe de soleil.

Elle avait dit au premier:
Pour l’amour d’une belle,
Reviens maître timonier,
Ou bien gabier.
Pour l’amour d’une belle, gai matelot!
Pour l’amour d’une belle s’en va sur les flots!

Elle avait dit au second:
Pour l’amour d’une belle,
Reviens maître à deux galons
Ou bien patron.

A ce moment, un vol de mouettes blanches tournoya sur l’îlot jonché de cadavres, en cisaillant le refrain de leurs piailleries.

Pour l’amour d’une belle, gai matelot!
Pour l’amour d’une belle s’en va sur les flots!

Mais derrière lui une voix presque mâle, la voix des femmes qui chantent avec leur gorge magnifique, reprit:

L’premier partit-z-au Congo,
Pour l’amour d’une belle,
Mais dans un grain tombe à l’eau,
Adieu l’bateau!

Jean-Baptiste la regarda qui venait sur la sente, toute rieuse.

—T’as l’cœur gai, à matin, p’tit gars!

—Pasque j’t’espérais...