Simon ne pouvait venir en aide au malheureux: leurs mains ne se fussent pas rejointes.

D'ailleurs, il ne comprit pas tout de suite ce qui s'était passé. Il n'eut que l'idée de lever instinctivement la tête… et soudain, bondissant:

«—Ouvre les mains, hurla-t-il, lâche tout!!… La poutre se courbe, elle n'en peut plus, elle va rompre!!…»

Etienne étreignait follement au contraire la corde vacillante. Un craquement eut lieu. Simon de Meilles tira d'un seul coup son épée, dont il entailla si bien les poings d'Etienne Auxoust que celui-ci desserra les doigts et disparut…

Une immense clameur s'éleva du sol.

Puis, la déesse de marbre, longtemps immobile au niveau des toits, reprit majestueusement son ascension.

Quand le Connétable de Montmorency, revenant en ses terres, l'aperçut de loin, toute gracieuse et blanche, au faîte du château, il daigna sourire, le bourru seigneur, puis manda Simon de Meilles, lui fit présent d'un collier d'or, et jura qu'il parlerait d'une telle œuvre en présence du Roy.

LE DERNIER JOUR DE THÉOPHILE

Voici Stéphane Gouche qui traverse la Seine en bac, et saute dans la boue au pied de la Tour de Nesle. On n'y voit goutte. Il s'est crotté des pieds au ventre. Mais peu lui en chaut. Il passe un petit pont, monte à la berge, gagne les maisons et s'enfonce dans la nuit. Suivons-le.

Après avoir longé quatre ou cinq ruelles noires, le poète Gouche (Stefano Guccio, de son vrai nom) aperçoit une auberge, qui de loin lui paraît incrustée d'escarboucles plutôt que de fenêtres, et que l'on entend bruire à la façon des ruches pleines.