—Ni une fossette…
—Eh mais, s'écrie l'Italien, tu m'y fais penser, Vortas, une fossette…»
Puis un long silence s'ensuit. Les trois poètes méditent.
«—Voilà, reprend Gouche le premier, nous allons écrire un recueil de chansons, d'épigrammes et d'idylles. Il s'appellera Les fossettes de Sylvie. J'y sèmerai, moi, des vers toscans. Et chaque pièce célébrera quelque douceur cachée de l'ingrate qui nous a trahis. Nous placerons nos fossettes où il nous plaira, aux pires endroits pour la pudeur de Marie-Félice des Ursins, duchesse de Montmorency…
—M. le duc est homme à compter de clairs écus sonnants afin que l'ouvrage ne paraisse point.
—A moins qu'il ne nous fasse pourrir en geôle.
—En tout cas, observe Vortas en souriant, plus d'un sot nous tiendra pour frais échappés d'un des grands lits de France, et je sais des pécores qui en mourront…
—A ta santé, Vortas!
—A ta gloire, mon Gouche!
—Benoît, mon croquant, à ta pipe, à ton nez, que le choc de tant de verres aura rendu plus calleux qu'un poing de galérien! Appelle, veux-tu, il n'y a plus rien dans les cruches…»