Sylvie était donc là, savoureusement étendue parmi des enveloppes décloses et des papiers chiffonnés, une de ses belles épaules hors la chemise et un sein presque nu, quand on heurta deux coups légers à la porte.

«—Qui frappe? C'est toi, Pauline?

—C'est moi.

—Entre, voyons. Bonjour, ma chérie.

—Bonne fête....»

Mais déjà Pauline Levaître, qui avait franchi vivement le seuil de la porte, s'arrêtait, interdite et gênée. Il n'en paraissait rien sur sa petite figure de mauvais ange: cependant elle avait remarqué en un clin d'œil le désordre de Sylvie, observé combien ses cheveux étaient dorés, sa peau fraîche, le contour de son corps harmonieux, abondant et, pour ainsi dire, heureux. Pauline n'avait pas dit à sa belle-mère: «Que tu es jolie!»—mais elle s'était cambrée mieux encore, avait sans y prendre garde ouvert les épaules et porté instinctivement la main à son corsage, comme pour voir si sa poitrine délicate avait depuis hier mûri. Elle s'avança vers Sylvie, l'embrassa et ne lui dit pas davantage: «Vraiment, tu embaumes!»—mais: «Moi, je n'en ai presque plus.

—Et de quoi donc?

—Eh bien, de parfum. Il faudra même que j'écrive au marchand. Mais la dernière fois je n'avais pas bien réussi le mélange: j'avais mis trop de Brise d'Amalfi et pas assez de Goûtez-moi ça. Cette fois-ci, tu me le feras toi-même, n'est-ce pas?

—Oui, ma chérie.

—Et as-tu reçu beaucoup de cadeaux?